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VHM - Des Draps au Dancefloor


Dolphy
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Le Grand Détournement de Cloclo

1975. Le groupe américain The Four Seasons balance une bombe disco-pop qui fait trembler les charts mondiaux : "December, 1963 (Oh, What a Night)". Le beat est lourd, la basse est funky, le refrain est addictif. Tout le monde s'ambiance, mais peu de gens captent le sens des paroles. Derrière ce groove d'enfer se cache un texte ultra-explicite, le récit brut, moite et sans filtre de la première expérience sexuelle d’un adolescent (et sa fâcheuse tendance à se terminer "beaucoup trop vite").

Pour les ondes françaises de 1976, c'est un poil trop chaud. Trop direct. Entrer dans les détails d'une perte de virginité à l'heure du goûter sur RTL ? Impossible.

Quand Claude François pose les yeux sur ce hit en puissance, son flair de businessman de la pop s'allume direct. Pas question de laisser filer un tel missile radiophonique à cause d'une histoire de draps froissés. Cloclo appelle son parolier fétiche, Eddy Marnay, et lui passe un savon créatif : "On garde l'énergie, on garde le gimmick, mais on vire la chambre à coucher. On fait de la nostalgie qui rassemble !"

En un coup de plume, la nuit de débauche américaine est passée à la javel yéyé. L'initiation charnelle se transforme en une machine à remonter le temps braquée sur l'année 1962, l'année où la France découvrait les Beatles, la pilule, et surtout... les débuts de Claude François avec Belles ! Belles ! Belles !.

La VO américaine : "What a lady, what a night" (Quelle femme, quelle nuit !) On est en plein ébat.

La VF de Cloclo "Cette année-là, je chantais pour la première fois..." On est en plein autoflatterie pop.

Lors de l'enregistrement des chœurs en studio, les choristes anglaises continuaient de chanter avec des intonations lascives et sensuelles héritées de la version originale. Claude François a dû bondir de sa console pour leur hurler, dans son anglais approximatif, de couper le vibrato érotique et d'envoyer de l'énergie pure, "punchy", pour que le morceau sonne comme un générique de radio survolté et pas comme une bande-son de film érotique.

Résultat ? Un braquage parfait. Le titre original est totalement édulcoré, mais l'efficacité rythmique reste intacte. Cloclo signe le braquage de l'année, transformant un souvenir de lit en un hymne national du dancefloor.

 

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