Skip to main content

VHM - China Girl


Dolphy
Guitar Hero
Forum|alt.badge.img+1

Le Riff d'Hérouville

Quand Iggy flashe sur la "China Girl"


​Été 1976. Un château hanté par le rock. Le Château d'Hérouville, près de Paris, se transforme en bunker créatif. David Bowie est aux manettes, Iggy Pop est à vif. Ils enregistrent l'album The Idiot. Au milieu des amplis et des excès, une silhouette capte tous les regards : Kuêlan Nguyen.
​Elle est d'origine vietnamienne, elle est la compagne du chanteur français Jacques Higelin (qui enregistre dans le studio d'à côté), et elle va devenir, sans le vouloir, une icône du rock.

Pour l'Iguane, c'est le coup de foudre immédiat. Lui, la bête de scène électrique et autodestructrice, elle, l'incarnation de la grâce et de la retenue. L'amourette se joue en coulisses, entre deux prises de guitare et des petits-déjeuners surréalistes partagés avec Higelin.
​Mais Kuêlan ne se laisse pas impressionner par le standing de la rockstar. Dès qu'Iggy s'enflamme, elle pose un doigt sur ses lèvres pour le calmer.

Frustré, fasciné, Iggy Pop s'isole en studio et improvise. Bowie plaque des accords hypnotiques sur son piano, et le texte de China Girl sort d'un trait, brut et viscéral. C'est l'histoire d'un rocker conscient de sa propre toxicité, terrifié à l'idée de corrompre la pureté de celle qu'il convoite.
​"Shhh..." Ce murmure célèbre qui rythme la chanson ? C'est le calque exact du geste de Kuêlan exigeant le silence.


​Pendant qu'Iggy enregistrait la ligne vocale "I stumble into town just like a sacred cow", il regardait directement par la fenêtre du studio pour apercevoir Kuêlan marcher dans la cour du château, transformant son obsession instantanée en performance pure, capturée sur bande magnétique en une seule prise.
​Une romance éclair, un cœur brisé, mais un sommet de l'histoire du rock. Six ans plus tard, Bowie reprendra le titre pour en faire le tube planétaire que tout le monde a un jour hurlé à la radio.

 

https://link.deezer.com/s/33HlCiAT4ZmUoEP1tJXiW