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L’art du sampling : Interview avec Daniel Batista, producteur de musique

L’art du sampling : Interview avec Daniel Batista, producteur de musique
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L’art du sampling : 

Un chemin à travers l'histoire de la musique


"Ce qui fait qu'un sample fonctionne, c'est son ‘immédiateté’ et sa capacité a être reconnu" 


Pour célébrer la sortie tant attendue de Renaissance, notre Community Manager brésilien @fabio s’est entretenu avec un expert en musique et artiste : Dan Batista, présent sur tous les réseaux sociaux pour parler de la musique. Et non, ce n’est pas un hasard, son domaine de prédilection est l’art du sampling. Avec des vidéos extrêmement créatives et informatives, Dan apporte un côté décontracté à un sujet presque toujours technique.

 

Est-ce que tu te rappelles du premier sample que tu as entendu ?
"Je dirais une chanson, qui est en fait un morceau instrumental, “Axel F” de Crazy Fog. Je pense que j'avais 10 ans, en 2004, quand cette chanson est sortie. C’est un sample de 1984 du même nom Axel F. Le clavier utilisé dans la chanson originale a été utilisé comme un sample. C'est devenu un hit mondial, ça a explosé !"

 

Peux-tu me raconter comment les samples sont apparus au début ?

“La pratique actuelle du sampling, qui consiste à utiliser les enregistrements d'autres personnes, qu'ils soient anciens ou modernes, dans leur musique, est une pratique récente de la fin des années 80 au début des années 90, de la culture Hip Hop.”

 

Et comment ça fonctionne au juste ? Comment on intègre un sample ?

“Tu prends un beat d'une chanson et tu y ajoutes une autre chanson. Le rap par exemple utilisait une loop de batterie dans les années 80 et 90, étendue plusieurs fois, car les gens chantaient sur cette boucle. Mais plus tard, les DJs ont aussi commencé à utiliser des parties instrumentales. Cette technique de sampling est devenue très répandue. Même les gens qui ne travaillent pas directement sur cette technique savent de quoi il s'agit."

 

Dan nous rappelle qu'il existe des samples plus anciens que ce que nous pouvons imaginer. Beethoven, par exemple, a utilisé des thèmes musicaux d'autres compositeurs concurrents. Il a même dédié certaines chansons à d'autres auteurs-compositeurs.

"Utiliser la musique des autres était très courant. Extrêmement courant, même quand il n'y avait pas d'enregistrement."


Pour qu'une chanson se démarque commercialement en utilisant un sample, celui-ci doit être suffisamment intéressant et différent pour attirer l'attention, selon Dan.

"Ça ne sert à rien de sampler une chanson que personne ne connaît et qui n'a pas une certaine caractéristique d'immédiateté. Un exemple qui a fonctionné est celui de Jaden Smith, qui a utilisé un sample, dans sa chanson Icon, qui datait des années 50. La première voix qui apparaît dans la chanson est le sample. Ce qui fait qu'un sample fonctionne, c'est son ‘immédiateté’ et sa capacité a être reconnu"

 

Un autre exemple que Dan explore dans l'interview est la chanson de Dua Lipa, Love Again, qui utilise le violon de la chanson My Woman de Lew Stone & The Monseigneur Band et Al Bowl, titre de 1930 remarquable et mémorable pour ses violons.

 

Et qu’en-est-il de notre Queen Bey ? Quand nous avons demandé à Dan pourquoi la House des années 90 faisait partie de son nouveau single, il nous a répondu :

"Même si la House est aujourd’hui un énorme succès en Russie, elle est tombée en disgrâce aux États-Unis. Beyoncé a récupéré des éléments des années 90 qui pourraient aussi être liés à sa jeunesse, et au moment durant lequel elle a commencé à se connaître en tant que musicienne dans sa carrière. C'est très lié au début de sa carrière, à ses premiers intérêts avec la house music, bref, des genres musicaux similaires."

 

Toujours selon Dan, la House est tombée dans un certain oubli aux États-Unis et, comme nous le savons, la tendance et la mode sont des choses cycliques. Il donne un intervalle de 20 à 30 ans pour que toute tendance revienne. Un autre exemple de ce “revival” est celui de la Pop Punk d'Avril Lavine.

“Beyoncé a une très belle évolution dans sa carrière. Revenir aujourd'hui en tant qu’activiste dans la lutte pour la négritude américaine et utiliser son travail pour le faire. Dans ce nouveau travail, elle va revivre sa jeunesse et apporter des débats et des significations au présent.”


Bey est tellement actuelle que la chanson BREAK MY SOUL est déjà considérée comme un hymne à la lutte pour les droits des travailleurs, et le mode de vie américain qui exalte le travail par rapport aux autres domaines de la vie.


 

 

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Daniel Batista (@somdodan) producteur de musique | éducateur | artiste

 


2 commentaires

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C’est toujours très drôle de retrouver des samples, pour le meilleure et le pire …   Ça peut aussi créer de belles battles familiales sur l’origine de la musique :D

Je crois que le sample que je trouve toujours aussi fou et qui fut le premier sample dont  j’ai eu conscience est celui de Madonna dans Hung Up. Elle y reprend le célébrissime  Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) d’ABBA .  Ou plus communément appelé  : Quand les légendes samplent les légendes.

 

Merci pour ce bel article en tout cas :)

Hâte de voir plus d’interviews comme celle-ci.

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Oui c’est exactement ça, “retrouver”. Je mets parfois des années avant de me rendre compte qu’un titre que j’aime trop a été samplé haha.. certains samples sont bien cachés parfois quand même !

 

Justement, j’ai trouvé ce DJ qui décortique les samples, et repart de l’original pour le mixer jusqu’à en créer la version moderne. Je te laisse regarder moi j’adore 😍 

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